• Eduardo Gallardo

Cachexie et EPA: quels liens entre eux?

Mis à jour : mars 16



La cachexie est un terme médical, souvent retrouvé dans les publications d'oncologie/cancérologie. Son origine étymologique vient du grec "kakos" signifiant "mauvais", et "exis" pour "tempérament, constitution".

Elle se définit comme un affaiblissement profond de l'organisme, accompagné d'une sarcopénie (fonte du tissu musculaire) et d'une lipopénie (fonte du tissu adipeux) en lien avec une dénutrition importante. Cette dénutrition peut être secondaire à un trouble alimentaire (anorexie) ou à une pathologie grave (telle que cancer, maladie auto-immune, maladies infectieuses aiguës comme la tuberculose...). Ainsi, la cachexie n'est pas une maladie en soi, mais la conséquence d'une maladie.

Bien que le mécanisme exact de la cachexie ne soit pas encore bien compris, des études récentes tendent à montrer qu'elle est le résultat d'une réaction pseudo-inflammatoire complexe, entraînant une augmentation du métabolisme et une modification de l'utilisation des nutriments. Dans le cas d'un cancer, il est probable que l'inflammation provoquée par la cellule cancéreuse elle-même pour détourner l'énergie à son avantage, ait un rôle à jouer.


Logiquement, le traitement de la cachexie est celui de la pathologie à l'origine de cette complication.

De manière conventionnelle, les patients se voient proposer un régime hypercalorique et des suppléments nutritionnels, voire une alimentation parentérale (par sonde).

Cependant, la supplémentation calorique ne permet pas de supprimer, ni même de limiter la cachexie. La prise de poids liée à cette forme d'alimentation compensatoire est généralement minime, et correspond davantage à du tissu adipeux qu'à du muscle. En outre, l'état général de la personne ne s'en trouve pas amélioré.



Des corticostéroïdes sont parfois prescrits pour augmenter l'appétit, sans pour autant induire une prise de poids. Les cannabinoïdes ont le même résultat.


Les résultats de deux essais cliniques publiés en 2016 montrent qu’une nouvelle molécule pourrait aider à traiter la cachexie et l’anorexie (essais Reomana 1 et Romana 2, source: Temel, J.S. et al ; Anamorelin in patients with non-small-cell lung cancer and cachexia: results from two randomised, double-blind, phase 3 trials; Lancet Oncol). L’objectif était de comparer l’efficacité de la prise d’une nouvelle molécule, l’anamoreline, à celle d’un placebo. L’anamoreline est une molécule capable de mimer l’action de la ghréline, l’hormone qui, dans notre organisme, stimule l’appétit avant le repas. En se liant à son récepteur, l’anamoréline, a aussi un effet sur l’équilibre métabolique des cellules, en favorisant la synthèse des protéines plutôt que leur dégradation, une des caractéristiques moléculaires de la cachexie.


L'acide eicosapentaénoïque (EPA) dans la régulation de la cachéxie cancéreuse


L'EPA est un acide gras dérivé de l'acide alpha-linolénique (oméga 3). On trouve l'EPA surtout dans les petits poissons gras, mais aussi dans quelques algues marines. C'est un acide gras essentiel, que l'organisme ne sait synthétiser lui-même (contrairement aux oméga 9 par exemple).


Des études se sont intéressées à la supplémentation nutritionnelle en EPA (Dewey A, Baughan C, Dean TP, Higgins B, Johnson I, 2007), dans le cas d'une cachexie cancéreuse, pour limiter la perte de poids. C'est une voie qui fait écho à l'approche naturopathique de soutien et rééquilibrage du terrain, surtout lorsque ce dernier a subi un long processus de cancérisation.


L'un des mécanismes d'action proposés de l'EPA repose sur ses propriétés anti-inflammatoires. Or, comme vu précédemment, la cachexie est très probablement le résultat d'une inflammation plus ou moins généralisée de l'organisme. Mais cette inflammation peut être localisée au niveau intestinal. Lorsque la muqueuse de l'intestin grêle, fine et fragile, est irritée par un état inflammatoire, sa structure se "disloque" et entraîne une hyper-perméabilité. Cette porosité intestinale permet le passage dans le sang de molécules pouvant provoquer une réaction auto-immune, et perturbe également l'assimilation des nutriments, qui n'est plus optimale.


Plus intéressant encore, le rôle des ω3 dans la qualité de la membrane cellulaire. La vie de la cellule est fortement dépendante des échanges qu'elle peut avoir avec son milieu, tant dans l'assimilation des nutriments à l'intérieur même de la cellule, que dans l'évacuation des déchets issus du métabolisme cellulaire. Cette membrane est notamment constituée de phospholipides et d'acides gras ω3, qui garantissent sa souplesse et sa perméabilité sélective (à ce qui entre et ce qui sort de la cellule).

Si les échanges sont de mauvaise qualité, la détoxification et l'assimilation des nutriments est perturbée, entraînant une accumulation de déchets dans l'organisme et un état progressif de dénutrition. Sur le long terme, l'appauvrissement du terrain peut conduire à sa cancérisation lorsque d'autres facteurs aggravants se surajoutent (sous-oxygénation, stress répétés...).


De plus, plusieurs données d’observation laissent entendre que l’apport en ω3 est associé à un taux réduit de dépression chez les patients atteints d’un cancer. L'EPA (mais aussi le DHA, autre acide gras dérivé ω3) tient en effet un rôle majeur dans l'équilibre du système nerveux et de l'humeur. Plusieurs données probantes mettent en lumière le rôle possible de l’inflammation dans les troubles psychologiques.


La réduction de l’inflammation généralisée peut ainsi avoir un effet bénéfique sur la qualité de vie des personnes atteintes de cachexie cancéreuse, en limitant la perte de poids et l'impact psychologique que celle-ci peut avoir. Le mécanisme d'action des acides gras essentiels montrent ici leur intérêt dans le soutien de cette complication associée à des pathologies graves. Mais elle met surtout en lumière l'importance d'une action préventive de terrain, par la consommation quotidienne d'acides gras essentiels de qualité, issus d'huiles de Première Pression à Froid (la chaleur détruit les ω3 et ω6), d'algues marines et/ou de petits poissons gras.